Six grandeurs font un devis de gros œuvre. Vous les dictez au bord de la fouille, le texte vient en face du poste.
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Trois devis de gros œuvre chez le client, trois prix au mètre carré de mur. Personne ne lui a dit que le premier monte du bloc creux de 20 hourdé au mortier, le deuxième de la brique rectifiée au joint mince, et que le troisième n’annonce ni épaisseur, ni chaînages, ni appuis. Celui qui a tout détaillé passe pour le cher.
Dicté au pied du mur, chiffré à la ligne
« Extension de dix-huit mètres carrés, semelle filante en 0,50 sur 0,25, élévation en blocs creux de 20 hourdés au mortier, chaînages verticaux aux quatre angles, trois baies avec prélinteaux et appuis à rejingot. »
Ce qui en sort, poste par poste :
- Semelle filante armée, section 0,50 × 0,25 (au ml, 0,125 m³ de béton par mètre)
- Élévation en blocs creux de 20 hourdés au mortier (m² net, convention de déduction des baies sur la ligne)
- Chaînage vertical d’angle (4 u) ; chaînage horizontal au plancher (au ml)
- Prélinteau, son chaînage coulé, l’appui à rejingot débordant sur le nu du mur (3 u chacun)
Là où rien ne se devine, une question remonte au lieu d’un chiffre : la profondeur d’ancrage se lit sur l’étude géotechnique, le plan ne la donne pas.
Les grandeurs qui font le prix d’un gros œuvre
| Poste | Unité | Ce qui se compte à part |
|---|---|---|
| Élévation de mur | m² net, par nature de bloc ET par épaisseur | la convention de déduction des baies, le développé des tableaux |
| Fondation | ml à section donnée, largeur × hauteur écrites | le béton de propreté, les attentes de chaînage |
| Béton livré | m³, volume en place distinct du volume commandé | le minimum de facturation, l’attente, la pompe |
| Armatures | kg, ou ratio d’acier au m³ par ouvrage | les cales d’enrobage, les recouvrements |
| Coffrage | m² développé, surface de contact avec le béton | l’étaiement, puis le ré-étaiement |
| Chaînage horizontal, vertical, incliné | ml, s’il n’est pas intégré au m² de mur | le bloc en U et son remplissage |
| Linteau, appui de baie, coffre de volet roulant | à l’unité, une ligne par dimension de baie | le rejingot et son rejet d’eau |
| Dallage et plancher | m² par système : terre-plein, poutrelles-hourdis, dalle pleine | les joints sciés, la désolidarisation |
| Déblais et gravats | m³ en place et m³ foisonné, tonne et rotation de benne | la benne emporte plus que le volume du plan |
68 % de béton en plus, pour la même ligne sur le plan
Un mètre linéaire de semelle 0,50 × 0,25 représente 0,125 m³ de béton, soit huit mètres de semelle par mètre cube commandé. Passez la section en 0,60 × 0,35 et vous êtes à 0,21 m³ au mètre, 68 % de plus, sur un trait de plan qui n’a pas bougé. Un ml de fondation sans sa section est un chiffre indéfendable au décompte.
Même arithmétique au coffrage : un poteau de 20 × 20 sur 2,50 m, ce sont quatre faces de 0,20 × 2,50, donc 2,00 m² de coffrage développé pour 0,10 m³ de béton : la surface de contact avec le béton, jamais celle de l’ouvrage. Et le module de bloc de 0,50 m sur 0,20 m joints compris fait dix blocs au mètre carré, coupes et chutes à part.
Reste ce qu’aucun plan ne donne : la profondeur du bon sol, une poche molle, de l’eau. Le devis écrit alors son hypothèse (profondeur d’ancrage retenue, nature de sol attendue) et ce qu’elle entraîne si elle tombe. Le dernier mot vous revient, ligne par ligne.
À 15 cm d’épaisseur, le NF DTU 20.1 rend la main au 20.13
Le NF DTU 20.1 de juillet 2020 couvre les parois et murs en maçonnerie de petits éléments, en quatre parties dont la P3 fixe les dispositions constructives minimales. Il s’arrête à 15 cm : en deçà, la paroi relève du NF DTU 20.13, celui des cloisons non porteuses. Au-delà, deux points suivent le poste d’élévation : coupure de capillarité en pied de mur, au-dessus du niveau du sol extérieur fini, et chaînage horizontal continu à chaque plancher.
Ce que ça change sur la ligne : une cloison de 10 cm citée sous le 20.1 s’appuie sur un texte qui ne la vise pas. Même piège aux fondations. Le NF DTU 13.1 de septembre 2019 a remplacé les 13.11 et 13.12 : citer l’édition d’avant, c’est opposer au client un texte annulé.
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Questions fréquentes
Une extension de 18 m² accolée à la maison est-elle dispensée d’étude de sol ?
Non, et c’est le chantier le plus fréquent. L’article R132-7 du code de la construction dispense les extensions, vérandas et garages compris, à deux conditions cumulatives : superficie inférieure à 20 m² ET construction désolidarisée de l’existant. Dix-huit mètres carrés accolés et solidaires satisfont la première et échouent sur la seconde. Le même article dispense les travaux qui ne touchent ni les fondations, ni la structure, ni l’écoulement des eaux, ni les échanges thermiques avec le terrain. Restent la zone d’exposition, que l’arrêté du 9 janvier 2026 a redessinée, et l’étude géotechnique préalable transmise par le maître d’ouvrage (article L132-6).
Le bon sol est trente centimètres plus bas que prévu et la pelle attend : sur quoi je fais repartir le chiffrage ?
Un second devis, signé comme celui du départ. Le client accepte ou refuse ce document sur place, sans que le premier soit touché. Il n’emporte que les lignes nouvelles : mètres cubes de fouille supplémentaires, ml de semelle à la section réellement descendue, béton au m³ avec sa désignation complète, acier au kg, retour du géotechnicien si nécessaire. Tout se joue sur ce que le devis d’origine avait affiché : profondeur d’ancrage retenue, nature de sol attendue. La reprise devient alors un écart mesuré à une hypothèse, chiffrable ligne à ligne devant le client.
À quel moment le béton devient-il une dépense engagée, et que couvre exactement l’acompte ?
À la commande. La centrale facture le volume commandé, avec son minimum de facturation, son attente de camion et sa pompe si l’accès interdit à la toupie d’approcher. Entre le m³ du plan, le m³ commandé et le m³ réellement en place, il y a trois chiffres différents, et un devis qui ne dit pas lequel il chiffre transforme chaque livraison en discussion. Même chose pour la palette de blocs descendue sur le terrain et pour l’acier façonné aux cotes : ces montants sont engagés avant le premier bloc posé.
Jusqu’où mon devis me protège-t-il si une fissure sort dans dix ans ?
L’article 1792 du code civil rend le constructeur responsable de plein droit des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; la responsabilité ne tombe que s’il prouve une cause étrangère. La preuve se prépare au devis : désignation complète du béton par ouvrage, profondeur d’ancrage retenue et son document d’appui, type de mur et coupure de capillarité, système de dallage et ses joints. S’y ajoute l’attestation d’assurance jointe au devis et à la facture (article L243-2 du code des assurances). BatiBrain garde ces pièces rattachées au chantier ; il n’atteste ni conformité ni résultat.
La facturation électronique est en vigueur depuis le 1er septembre 2026.
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